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Quelques milliers d’années avant la Citadelle de Vauban, et quelques kilomètres plus loin à l’intérieur des terres Blayaises, les Hommes avaient déjà laissé des traces de leur passage dans la région.

Non loin de l’Estuaire de la Gironde, cachées au milieu des bois de Prignac-et-Marcamps, les Grottes de Pair-Non-Pair sont parmi les plus anciennes grottes ornées du monde, avec des représentations préhistoriques datées d’il y a environ 30 000 ans. Elles sont classées Monument Historique depuis 1900.

Transition à travers les âges

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L’entrée de la grotte, aujourd’hui fermée d’une porte

Le corridor en verre de l’accueil fait le lien entre le parking et les bois ; entre le présent et le passé. Dans un patio, une immense paire de bois sont accrochées au mur. Leur ancien propriétaire était un mégacéros,  élan préhistorique culminant à 2,10 mètres au garrot pour un poids de 700 kilos. Les bois, eux, atteignaient facilement 3,70 mètres d’envergure. Voilà qui met immédiatement dans l’ambiance ! La traversée de l’accueil est ponctuée de vestiges découverts dans les grottes : statuettes, outils, ossements d’animaux…

La visite commence en rejoignant le site par un sentier dans les bois. De l’extérieur, la grotte principale semble petite, pourtant dès la porte passée, c’est un véritable habitat troglodyte que nous découvrons. La pièce toute en longueur a toutes les caractéristiques  d’un véritable logement. Des renfoncements dans les parois tenaient lieux de chambres isolées, les traces d’un foyer sous une cheminée témoignent d’un système de chauffage et d’aération, et la roche creusée au fond révèle qu’une rivière a un jour couru à travers la caverne de Pair-Non-Pair.

Pair-non-Pair, un émouvant témoignage du passé

C’est dans l’entrée que sont concentrées les œuvres. Ici, point de peintures rupestres comme à Lascaux. Les experts ne réfutent pas la possibilité qu’il y en ait eu un jour, mais la grotte ayant été emplie de terre au fil des millénaires, les pigments auraient de toutes manières disparu. Mais les vraies stars de Pair-Non-Pair, ce sont les gravures d’animaux.

Peu visibles au premier abord sur les parois abimées par le temps, elles se dévoilent sous les jeux de lumière de la lampe torche de la guide. Si certaines sont relativement faciles à repérer, tels que les deux aurochs se faisant face à hauteur d’homme, un changement d’angle et de lumière révèlent d’autres œuvres fantasmagoriques.

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Gravure d’un bouquetin

Quasiment uniquement des herbivores sont représentés sur les murs de la grotte. Bouquetins, cervidés, chevaux, bovidés s’y enchevêtrent, témoignant de l’occupation multiple de ces lieux. Les interprétations varient selon ceux qui ont tenté d’y trouver un sens. Pour certain, les juments gravides symbolisent la fertilité du bétail, pour d’autres il s’agit de chamanisme, un dernier enfin y voit un langage…

Certaines gravures sont impressionnantes de qualité. Sur un pan de mur, un cheval est représenté la tête tournée vers l’arrière, induisant un mouvement, ce qui est extrêmement rare pour les représentations de l’époque.

C’est un joli voyage dans le passé que cette heure passée sous terre en compagnie des témoignages de nos ancêtres. Les générations d’hommes qui ont occupé les lieux, de Neandertal à Sapiens ont toutes laissé un émouvant témoignage de leur passage dans la région, que nous essayons aujourd’hui de conserver et mettre en valeur à travers les visites et les recherches autour de ce lieu d’exception.

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